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Année 82, no 7       le 19 février 2018

 

Les libéraux font l’éloge du FBI dans la lutte autour de l’enquête sur Donald Trump

 
EMMA JOHNSON
ET JOHN STUDER
« Donald Trump a ouvert les hostilités avec le FBI. Il va le regretter, » affirme une manchette du Washington Post le 1er février. Ce titre exprime le résultat que souhaitent les propriétaires des médias libéraux et la gauche de la classe moyenne dans la confrontation politique aiguë concernant les révélations sur l’emploi de la police politique de Washington par les démocrates dans le cadre de la « résistance » à la présidence de Donald Trump.

Au cœur du débat se trouve une note rédigée par les membres républicains de la commission du Renseignement de la Chambre des représentants émise par la Maison-Blanche le 2 février.

Cette note explique que les dirigeants du FBI, d’abord dans un effort pour obtenir un mandat pour espionner la campagne de Donald Trump, mais aussi par la suite, se sont appuyés sur un dossier rédigé par Christopher Steele, un ancien espion britannique qui déteste Donald Trump et qui avait été embauché par la campagne d’Hillary Clinton pour rédiger ce dossier.

L’ancien directeur du FBI James Comey a joué un rôle clé pour tirer Hillary Clinton de l’embarras à l’égard des milliers de documents secrets du gouvernement qu’elle sauvegardait sur son ordinateur personnel. Donald Trump l’a congédié pour avoir ruiné l’autorité du département de la Justice lorsqu’il l’a fait.

La note souligne comment James Comey et le FBI ont continué de s’en prendre à Donald Trump Elle décrit le rôle qu’ont joué d’autres personnes associées aux Clinton, notamment le directeur adjoint du FBI, maintenant à la retraite, Andrew McCabe, le procureur général adjoint Bruce Ohr et le chef adjoint du contre-espionnage au FBI Peter Strzok.

Pour obtenir le mandat, le FBI devait faire une demande auprès d’une cour secrète nommée Loi sur la surveillance des services de renseignement étrangers (FISA). Les cours de la FISA favorisent la police, personne ne plaide devant elles. Au cours des 33 années depuis leur mise en place, les juges de la FISA n’ont rejeté que 11 des 33 000 requêtes.

Le présent scandale porte sur le fait que le FBI n’a pas indiqué à la cour qui lui a procuré les renseignements et ses connexions avec les Clinton. Les libéraux disent que la note ternit le FBI, qu’ils glorifient et qualifient d’essentiel à la défense du mode de vie américain.

« Je crois que lorsque le président se méfie du département de la Justice et du FBI cela crée une crise constitutionnelle, » a déclaré à CBS Leon Panetta, l’ancien directeur de la CIA et agent démocrate de longue date. « Ce sont les principales forces de l’ordre en vertu de notre constitution. »

Les libéraux et la gauche ont essayé frénétiquement de se défaire de Donald Trump dès le moment où celui-ci a été élu et ils blâment la classe ouvrière stupide, raciste, réactionnaire et « déplorable » pour avoir voté pour lui.

La dispute au sujet de la note se produit alors que la « résistance » des libéraux s’est affaiblie. Au cours des deux derniers mois, l’appui des dirigeants US envers Donald Trump s’est accru suite à l’allégement fiscal en faveur des intérêts financiers qu’il a mené à terme au Congrès, à sa défense des intérêts impérialistes US à la conférence de Davos et à son discours de l’état de l’Union proposant un compromis par rapport à l’immigration.

Le FBI : la police politique des patrons
La classe ouvrière et le Parti socialiste des travailleurs (SWP) en particulier ont des dizaines d’années d’expérience avec les assauts de la police politique en défense de la domination capitaliste.

Le déploiement de la police politique des dirigeants US a commencé en réponse aux travailleurs et aux agriculteurs qui cherchaient à imiter l’exemple révolutionnaire de la révolution d’octobre 1917 menée par les bolcheviks en Russie. La police a cherché à écraser les organisations communistes US fondées en 1919. Des milliers de personnes ont été expulsées et les conférences du parti ont été déclarées illégales et perturbées. En 1935, Washington a renommé ses flics fédéraux, le FBI. Alors que les dirigeants se préparaient à entrer dans la deuxième guerre mondiale impérialiste, ils ont entamé la réorganisation du FBI afin de cibler l’opposition. Ils ont commencé avec le Parti socialiste des travailleurs et d’autres individus dans la direction de lutte de classe du syndicat des Teamsters à Minneapolis, dont les capacités de combat et l’opposition à la guerre impérialiste étaient bien connues. L’administration démocrate de Franklin Roosevelt a utilisé la loi « bâillon » Smith, adoptée en 1940, qui interdisait la défense des idées révolutionnaires.

Onze dirigeants du Parti communiste ont été poursuivis en vertu de la loi Smith en 1949. Tous ont été condamnés et 10 d’entre eux ont été condamnés à une peine maximale de cinq ans. Le FBI a aidé à mener la chasse aux sorcières anticommuniste qui a marqué le début des années 1950.

Quand des combattants noirs ont mené la bataille pour renverser le système raciste de ségrégation Jim Crow et qu’un mouvement de masse a forcé les dirigeants US à se retirer du Vietnam, le FBI a lancé des opérations « Cointelpro » pour espionner et perturber le Parti socialiste des travailleurs et d’autres militants politiques.

En 1973, le SWP et l’Alliance de la jeunesse socialiste (YSA) ont lancé une campagne politique pour dévoiler le rôle du FBI comme police politique de la classe dominante. Le parti et la YSA ont poursuivi le FBI pour avoir perturbé l’activité du parti dans le mouvement syndical, la lutte pour les droits des Noirs, la lutte de libération des femmes et le mouvement contre la guerre impérialiste.

La bataille politique et juridique du SWP, qui a duré 13 ans, a révélé l’ampleur de l’opération de l’agence d’espionnage. Le FBI a dû admettre qu’entre 1945 et 1966 il avait effectué 204 « perquisitions illégales » et cambriolages de bureaux du parti, qu’il avait déployé 1 300 agents secrets et rassemblé plus de huit millions de documents sur le parti et ses partisans. En 1986, le SWP a gagné sa cause.

La campagne du SWP et les autres révélations qu’elle a entraînées ont aidé à révéler le vrai but du FBI de la classe dirigeante et porté un coup à la capacité du gouvernement à utiliser sa police politique. Ils font depuis lors des efforts accrus pour essayer de redorer le blason du FBI. Comme par le passé, aujourd’hui ce sont les libéraux qui dirigent les efforts pour consolider le FBI.

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